Ariel Sharon (אריאל שרון) (né le 27 février 1928 à Kfar Malal près de Jaffa en Palestine sous mandat britannique) est un général et homme politique israélien. Depuis le 17 février 2001, il est Premier ministre d'Israël.
Il est l'un des fondateurs du parti de droite Likoud et s'est illustré militairement au cours des guerres israélo-arabes de 1948-49, de Suez en 1956, des Six Jours en 1967 et du Kippour en 1973.
A l'issue d'une longue carrière politique, il devient Premier ministre en 2001 après le déclenchement de la seconde Intifada. Il met alors en ½uvre le retrait israélien de la Bande de Gaza.
En novembre 2005, il demande la dissolution du parlement, crée son propre parti et prépare les élections anticipées de 2006.
En décembre 2005 et janvier 2006, il est hospitalisé par deux fois à l'hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem pour deux attaques cérébrales successives.
Son père Shmouel Scheinerman est un technicien agronome originaire de Brest-Litovsk en Biélorusse. Sa mère Véra est un médecin originaire de Mohilev en Ukraine.
Tous deux ont connu dans leur enfance les pogroms antijuifs de 1903-1905 dans la Russie Tsariste. Ils migrent en Palestine en 1920 et s'installent en 1922 le moshav (village agricole) de Kfar Malal où naît Ariel Sharon
A 14 ans, il entre dans le mouvement de jeunesse paramilitaire Gadna puis s'implique dans l'organisation juive d'autodéfense Haganah avant qu'elle ne se fonde dans Tsahal après la guerre d'indépendance d'Israël en 1948-49.
Lors de la guerre de 1948, il est commandant de détachement dans la Brigade Alexandroni dans la Haganah. Il est gravement blessé lors de la seconde bataille de Latroun contre la Légion Arabe.
En 1949, il est promu commandant de compagnie et en 1951, officier dans les services secrets.
Après des études à l'Université hébraïque de Jérusalem, on lui demande de reprendre du service actif en prenant le commandement de l'Unité 101, première unité des forces spéciales israéliennes.
En 1956, durant la guerre de Suez, les Israéliens coopèrent à la tentative de prise de contrôle du Canal de Suez par les corps expéditionnaires franco-britanniques suite à sa nationalisation par Nasser. Ariel Sharon commande la 202e brigade parachutiste et se distingue au sein de l'état-major par la promptitude avec laquelle les forces qu'il dirige entrent dans le Sinaï.
En 1957, il part pour un an à l'École militaire de Camberley au Royaume-Uni. À son retour, il étudie le droit à l'Université de Tel-Aviv.
En 1967, lors de la guerre des six jours, il commande une des divisions qui participent à la prise du Sinaï. Ariel Sharon y acquiert un grand prestige auprès de ses hommes et de l'opinion publique israélienne.
En 1971, Ariel Sharon prend en charge le commandement du front sud (Sinaï) et en particulier de la zone le long du Canal de Suez (ligne Bar-Lev). Il sera également chargé de mettre un terme aux activités terroristes dans la bande de Gaza.
En 1973, l'Égypte et la Syrie lancent une attaque surprise contre Israël le jour de la fête juive du Yom Kippour. Ariel Sharon est rappelé d'urgence sur le front sud dont il vient d'abandonner le commandement et y prend la tête d'une division de chars. Lors de la guerre du Kippour, il augmente encore son prestige auprès de l'opinion publique et confirme ses talents de tacticien hors pair, suite notamment à plusieurs man½uvres audacieuses grâce auxquelles il encercle et isole la IIIe armée égyptienne et donne la victoire aux Israéliens.
Il est élu à la Knesset en 1973 sur la liste du Likoud, poste qu'il quitte en 1974 après avoir été appelé par le Premier Ministre Yitzhak Rabin pour devenir Conseiller Spécial à la Sécurité.
Ministre de l'agriculture de Menahem Begin en 1977
En 1982, il est ministre de la Défense. Il dirige les opérations d'évacuation du Sinaï, notamment de la ville de Yamit, que quelques centaines de colons israéliens irréductibles refusaient d'évacuer. Il envoie l'armée les emmener de force, et démolir leurs maisons (Opération Colombe rouge).
Suite aux attaques répétées des organisations palestiniennes le long de la frontière libanaise, l'armée israélienne envahit le Liban (alors en guerre civile) pour en chasser définitivement l'OLP. Lors des opérations, des phalangistes chrétiens libanais attaquent les camps de Sabra et Chatila alors sous contrôle israélien et y assassinent, selon des sources différentes, entre 700 et 3 500 Libanais musulmans et réfugiés palestiniens. Le 8 février 1983, la commission d'enquête officielle dirigée par le président de la Cour Suprême, le juge Yitzhak Kahan, publie son rapport. Ce dernier évoque la « responsabilité personnelle » de Sharon, pour « n'avoir pas ordonné que les mesures adéquates soient prises pour empêcher d'éventuels massacres. » Ariel Sharon est alors contraint de démissioner.
De 1990 à 1992, il est Ministre de la Construction et de l'Aménagement ainsi que Président du Comité Ministériel sur l'Immigration et l'Absorption. Suite à la chute de l'Union Soviétique et aux vagues d'immigration depuis la Russie, il initie et mène à bien un programme incluant la construction de 144 000 appartements pour absorber les immigrants à travers le pays.
De 1992 à 1996, pendant la période des accords d'Oslo, il est membre du Comité de Défense et des Affaires Etrangères de la Knesset.
En 1996, Ariel Sharon est nommé Ministre de l'Infrastructure Nationale et est impliqué dans la stimulation d'entreprises conjointes avec la Jordanie, l'Égypte et les Palestiniens. Il est également Président du Comité Ministériel pour l'avancement des Bédouins.
En 1998, Ariel Sharon est nommé Ministre des Affaires Etrangères et dirige les négociations avec l'Autorité palestinienne.
Après l'élection au poste de Premier Ministre de Ehud Barak en mai 1999, Ariel Sharon devient leader du Likoud suite à la démission de Benjamin Netanyahou, et ce jusqu'en 2005. Il est également membre du Comité de Défense et des Affaires Etrangères à la Knesset.
Sa responsabilité dans le déclenchement de la seconde Intifada est discutée: cette dernière s'est déclenchée après sa visite sur l'Esplanade des mosquées/Mont du Temple à Jérusalem, mais certains commentateurs israéliens et internationaux n'y voient que le prétexte au déclenchement d'une insurrection préparée par Yasser Arafat
En 2001, Ariel Sharon est élu au poste de Premier Ministre de l'État d'Israël sur un programme portant principalement sur la sécurité contre le terrorisme palestinien. Il est réélu en mars 2003, suite à des élections anticipées.
Il stoppe toute négociation avec Yasser Arafat qu'il considère responsable de la situation et lance une campagne de répression très dure contre les activistes palestiniens. Il entame également la construction d'une barrière de séparation à l'intérieur de la Cisjordanie et autour de Jérusalem. Fin 2003, on estime que l'activité terroriste a chuté de 90 %.
En 2004, peu après le décès de Yasser Arafat, il entame des pourparlers de paix avec le nouveau leader de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Parallèlement, Sharon annonce sa détermination à effectuer un retrait unilatéral des colonies israéliennes de la bande de Gaza, qui prendra fin le 11 septembre 2005.
Après l'opposion d'une partie des membres du Likoud à ce retrait, Sharon doit composer une alliance avec le parti travailliste de Shimon Peres. L'élection d'Amir Peretz à la place de Shimon Peres en novembre 2005 menace la coalition. Ariel Sharon demande au président Moshe Katsav de dissoudre le parlement puis il démissionne du Likoud le 21 novembre 2005. Il crée alors son propre parti "En Avant" (Kadima en hébreu) de sensibilité centre-droite, que Shimon Peres rallie, en vue des élections générales anticipées prévues en mars 2006. Il évoque à l'occasion que ce parti a pour but de suivre la "feuille de route" et qu'il ne remet pas en cause l'évacuation déjà réalisée des colonies de la bande de Gaza (évoquant même l'éventualité d'évacuations de colonies de Cisjordanie).