L'opération Entebbe eu lieu dans la nuit entre le 3 et le 4 juillet 1976 à l'aéroport d'Entebbe en Ouganda.
47 otages juifs et israéliens, capturés par un commando terroriste à bord d'un avion et fait prisonniers sont délivrés par un raid de l'Armée de l'Air israélienne.
Cette opération fut rebaptisé opération jonathan en mémoire à Jonathan Netanyahu, le frère de Benyamin, seul soldat mort lors du raid.
les faits :
Piraterie aérienne
27 Juin 1976. Un avion de ligne Airbus d'Air France en provenance de l'aéroport Lod en Israel et à destination de Paris, via Athènes, venait d'être détourné par un commando de quatre terroristes, juste après son décollage de l'aéroport d'Athènes en Grèce.
Deux de ces quatre terroristes qui embarquèrent à l'escale d'Athènes étaient palestiniens. Les deux autres, dont une femme, étaient allemands et appartenaient à la Bande à Baader-Meinhoff, aussi connu sous le nom de Faction Armée Rouge. Un groupe d'extrême gauche de l'Allemagne Fédérale de l'époque.
Nous étions dans les années 70. Le conflit du Moyen Orient battait son plein.
Bien évidemment cet acte de piraterie aérienne fut dénonçé et condamné par la communauté internationale, ou presque, surtout par les pays occidentaux.
En effet l'avion et son équipage étaient français. Près d'un tiers des passagers à bord de cet appareil civil d'Air France étaient juifs d'Israel et d'autres pays. La plupart d'autres passagers étaient occidentaux.
Avec la complicité d'Idi Amin, les terroristes firent poser l'appareil sur l'aéroport d'Entebbe, près de Kampala en Ouganda, après avoir effectué une escale à l'aéroport de Benghazi, en Libye. Ils y furent rejoints par trois autres terroristes. Idi Amin envoya ses soldats pour garder l'aéroport. En fait ils étaient de mèche avec les terroristes.
Dès le lendemain, les terroristes séparèrent leurs otages en deux groupes : ceux qui portaient un passeport israélien et ceux originaires d'autres pays mais portant un nom à consonance juive d'un côté et les non-juifs de l'autre.
Les terroristes firent alors connaître leurs exigences: la libération immédiate de près de 54 terroristes incarcérés dans les prisons d'Israel, de France, d'Allemagne, et de Suisse notamment ; et paiement par le gouvernement français d'une rançon de 5 millions de dollars américains au groupe palestinien.
Les terroristes fixèrent un ultimatum au-delà duquel tous les otages seraient exécutés, sils n'obtenaient pas satisfaction !
Evidemment de telles exigences furent inacceptables aux yeux d'Israel, de la France et de leurs alliés. Même si pendant un temps les gouvernements israélien et français firent semblant de céder au chantage en faisant savoir aux terroristes que ces prisonniers seraient libérés. Il s'agissait en fait de donner le change pour gagner du temps.
Pour montrer leur ''disponibilité'' aux négociations, les terroristes décidèrent de libérer sans condition tous les otages non-juifs.
Désormais il ne restait plus comme otages à Entebbe que des israéliens et et autres juifs de la diaspora. Ainsi que l'équipage français de l'avion d'Air France, qui avait choisi volontairement de rester à Entebbe avec le reste des passagers.
Tergiversations gouvernementales
A Tel Aviv le gouvernement israélien commença par se livrer à des délibérations houleuses et ultra-secrètes, qui n'en finissaient pas, sur l'action à mener pour mettre fin à cette crise d'otages.
Les membres du gouvernement passèrent en revue plusieurs options, y compris la possibilité d'une opération militaire de sauvetage. Pendant qu'ils examinaient l'utilité, la nature, la faisabilité, les chances de réussite, et le coût en vies humaines d'un éventuel raid sur Entebbe, le Premier Ministre Yitzhak Rabin et son gouvernement demandèrent au Chef d'Etat Major Général des Forces Israéliennes de Défense/ Force Aérienne , le général Motta Gur, de mettre au point et de préparer minutieusement une opération commando avec pour mission éventuelle d'aller libérer les otages à Entebbe, avec un minimum de dégâts humains.
Après une préparation minutieuse et un entraînement intensif et méticuleux de quelques jours dans un '' aéroport d'Entebbe '', fidèlement reconstruit dans une base militaire à Tel Aviv pour le besoin de la cause, le commando composé de 35 hommes fut prêt pour l'action !
Cependant le gouvernement israélien n'arrivait toujours pas à se décider. Les avis étaient très partagés.
Il semble qu'à un moment donné pendant les débats très animés du gouvernement, le Chef d 'Etat Major Général Motta Gur décida d'appeler le Premier Ministre Yitzhak Rabin à côté et lui expliqua clairement la nécéssité de l'envoi immédiat d'un commando à Entebbe. Car l'ultimatum fixé par les terroristes approchait. Israel faisait la course contre la montre.
Quelque temps après, alors que les débats se poursuivaient encore, le général Mordechai ordonna le départ immédiat du commando vers Entebbe. Avec la possibilité d'annuler l'opération et faire demi-tour à Tel Aviv si jamais en fin de compte le gouvernement israélien décidait contre toute intervention militaire.
Evidemment la préparation et l'exécution minutieuse de l'Opération Tonnerre, son nom de code , furent et devaient demeurer ultra-secrètes.
Seuls quelques officiels furent mis au parfum. Parmi ceux-çi les leaders de l'Opposition, dont Menahem Begin du Likhud. Ceux-çi décidèrent d'oublier momentanément leurs dissensions, pour l'intérêt supérieur de la nation et apportèrent leur soutien inconditionnel au gouvernement.
Réaction foudroyante. Mission-surprise et ultra rapide
Quatre avions Hercules C-130 de l'armée de l'air israélienne décollèrent d'une base militaire de Tel Aviv, se dirigeant dans des directions différentes pour tromper la vigilance des espions éventuels. Destination Entebbe, en Ouganda.
Ces avions transportaient un commando de 35 hommes aux visages maquillés en noir et habillés en tenue militaire de l'armée ougandaise, quatre véhicules blindés, deux véhicules landrovers, une Mercedes noire ( exactement comme celle d'Idi Amin) avec un '' faux Idi Amin '' assis à l'arrière ( le commandant Jonathan Netanyahu déguisé en Idi Amin ), des armes silencieuses,et autres matériels militaires, ainsi qu'un équipement médical( en fait un véritable mini-hopital volant).
Ces avions parcoururent près de 3,500 Km de Tel Aviv à Entebbe, volant à très basse altitude, presqu'en rase-mottes au-dessus de la Mer Rouge pour échapper aux radars soviétiques et égyptiens.
Les israéliens avaient néanmoins bénéficié de la complicité et de l'assistance du Kenya. Ce n'était un secret pour personne que le M'zee Jomo Kenyatta ne portait pas Idi Amin dans son coeur. Et vice versa. On se souviendra d'ailleurs d'un incident très révélateur à ce sujet. Quelques mois plutôt, prenant livraison de ses avions de chasse Mig à Entebbe, un jubilant Idi Amin demanda à ses pilotes devant les caméras de télévision combien de temps un avion Mig mettrait pour atteindre le Kenya à partir d'Entebbe. Gaffe diplomatique ou déclaration de guerre délibérée ? Passons.
Au moment où, quelques heures plus tard, le gouvernement israélien finit par se décider et donna officiellement son feu vert à l'Opération Tonnerre, les quatre Hercules C-130 effectuaient déjà leur descente sur Entebbe en pleine nuit, et sous un orage violent !
On connait la suite.
Violant l'espace aérien, le territoire ainsi que la souveraineté nationale de l'Ouganda, le commando israélien réussit à atterrir à Entebbe et à libérer en pleine nuit tous les otages, plus d'une centaine, encore en captivité dans cet aéroport. Ceci après avoir déjoué la vigilance des soldats ougandais ainsi que des terroristes, et après les avoir neutralisés. En fait tous les sept terroristes périrent durant les affrontements.
Le Commando israélien ne perdit qu'un seul homme, Jonathan Netanyahu qui dirigeait les opérations. Plus tard l'Opération Tonnerre fut rebaptisé Opération Jonathan en sa mémoire.
Seuls deux otages furent tués pendant les accrochages. Un troisième otage, une vieille dame britannique fut exécutée dans son lit d'hôpital, apparemment sur ordre personnel d'Idi Amin en guise de représailles. Elle y avait été transportée bien avant le raid en raison d'un malaise.
L'aéroport d'Entebbe fut sérieusement endommagé, la tour de contrôle totalement détruite, plus d'une dizaine d'avions de chasse Mig 23 flambant neuf de l'armée de l'air ougandaise furent détruits au sol, et Idi Amin fut humilié.
Toute l'opération ne dura en tout et pour tout qu'une heure et vingt-neuf minutes !
En effet quatre des sept terroristes furent tués trois minutes seulement après l'atterrissage du premier des quatre avions militaires C-130 de l'armée de l'air israélienne.
Quinze minutes après l'atterrissage, tous les otages encore à l'aéroport d'Entebbe, sauf les trois tués, furent libérés et les lieux sécurisés.
Cinquante-deux minutes, soit moins d'une heure, après l'atterrissage, le premier C-130 décolla d'Entebbe en pleine obscurité, avec tous les 106 otages à son bord.
Une heure et vingt-neuf minutes après l'atterrissage, le dernier C-130 décolla à son tour d'Entebbe.
La rapidité d'action et l'effet de surprise furent les atouts sur lesquels les israéliens jouèrent.
Cette opération fut spectaculaire et frappa les imaginations. Le monde entier se réveilla le dimanche 4 juillet 1976 complètement ébahi !
Le raid sur Entebbe fut une des opérations commando de sauvetage les plus spectaculaires de ce 20ème siècle.
Plusieurs pays, surtout les pays africains dont le Zaire d'alors, protestèrent contre la violation de la souveraineté nationale de l'Ouganda. En fait ceci se passa en 1976. Soit un peu moins de trois ans après que la majorité des pays africains rompirent leurs relations diplomatiques avec Israel, suivant l'exemple du Zaire qui le fit d'une manière fracassante un certain 4 Octobre 1973, du haut de la tribune des Nations Unies par la voix de Mobutu.
Condamnations de la communauté internationale ou pas, Israel ne s'en souciait pas. Les otages furent libérés et ce fut la fête en Israel et dans toutes les communautés juives à travers le monde ! Mission accomplie !
Madame Golda Meir aurait dit...
Selon certaines sources dignes de foi, pendant que le gouvernement israélien s'éternisait dans des débats sur la meilleure option à suivre pour dénouer la crise des otages d'Entebbe, l'ancien Premier Ministre, Mme Golda Meir, aurait dit à son collègue du Parti Travailliste, le Premier Ministre Rabin en substance ce qui suit : " Si vous et votre gouvernement n'êtes pas capables d'aller chercher nos citoyens à Entebbe, vous ne seraient même pas dignes de vous promener avec des chiens dans la rue "...
Peut-être que Mme Golda Meir était-elle échaudée par sa propre expérience en tant que Premier Ministre lorsqu'éclata la Guerre du Yom Kippur le 6 Octobre 1973 ?
En effet on se souviendra que la Syrie et l 'Egypte, frustrées avec raison par le refus d'Israel de leur céder leurs territoires qu'il leur avait pris lors de la Guerre des Six Jours de 1967, lançèrent des attaques-surprise coordonnées et simultanées contre l'armée israélienne dans les territoires occupés par Israel respectivement sur les Hauteurs du Golan ( Golan Heights ) et le Sinai. La Syrie était assistée par la Jordanie et l'Irak.
L'effet de surprise désempara l'armée israélienne dans un premier temps et permit aux armées syrienne, égyptienne, jordanienne, et irakienne de gagner du terrain momentanément. Ce qui leur donna une victoire psychologique. Pas pour longtemps.
L'armée israélienne lança une contre-offensive redoutable. Et parvint, non seulement à repousser les armées arabes hors des territoires occupés, mais aussi à pénétrer en plein territoires égyptien et syrien.
Israel finit par remporter la victoire militaire. Un cessez-le-feu arrangé par l'ONU fut signé et entra en vigueur moins de trois semaines après le début du conflit armé.
Quoique Israel gagna cette brève guerre-surprise, Mme Golda Meir fut contrainte de démissionner de son poste en Juin 1974. Suite aux nombreuses critiques en Israel qui lui reprochaient son manque de préparation ou plutôt le manque de préparation de l'Etat d'Israel sous son leadership, face à cette guerre.
Comme si le peuple d'Israel voulait dire que leur pays doit demeurer en état d'alerte permanent face aux nombreux dangers qui les guettent...en permanence. Signe très révélateur de l'état d'esprit des Israéliens.