Jonathan (Jay) Pollard est né le 7 août 1954 dans un village du Texas, au sein d'une famille juive aisée.
Titulaire d'une licence d'Histoire et de Philosophie et d'une maîtrise de Droit et de Diplomatie, en 1979, il décida d'entrer dans les services de renseignements de la Marine américaine, dans le Maryland, en tant qu'officier des renseignements, chargé d'analyser des données. Cinq ans plus tard, il fut muté dans une unité de recherche à Washington, le Naval Antiterrorist Alert Center, qui était chargé d'analyser des informations concernant d'éventuels attentats terroristes.
Cette même année, il rencontra un officier de l'Armée de l'Air israélienne, Aviam Séla qui séjournait aux Etats-Unis et peu de temps après, il fut recruté par le Lakam, organisation israélienne secrète de renseignements qui était alors dirigé par Rafy Eitan. Pollard était en liaison avec un attaché scientifique d'Israël à New York, qui travaillait en parallèle pour le compte du Lakam. Pollard travailla pour les services de renseignements israéliens pendant une année durant laquelle il fournit un grand nombre d'informations vitales pour la défense de l'Etat d'Israël, par solidarité et responsabilité envers la sécurité et la survie d'Israël, conscient de l'importance capitale de ces renseignements. En vertu d'un accord signé entre Israël et les Etats-Unis, les autorités militaires américaines étaient censées transmettre à Israël toute information ayant trait à sa sécurité. Constatant que cet accord n'était pas respecté, Jonathan Pollard décida de transmettre lui-même ces informations.
En 1985, son comportement éveilla la méfiance de ses supérieurs. Lui et sa femme furent suivis de près. En novembre 1985, il fut interrogé par le FBI et quelques jours plus tard, le 21 novembre, il tenta de se réfugier avec sa femme à l'ambassade d'Israël à Washington, en demandant l'asile politique. Le personnel de l'ambassade refusa de les faire entrer et ils furent arrêtés par les agents du FBI qui les attendaient près des locaux.
Le couple fut jugé et reconnu coupable de plusieurs actions d'espionnage. Anne fut condamnée à cinq ans de prison et Jonathan à la détention à vie, bien qu'il plaida coupable et que dans ce cas, selon les principes de la procédure pénale américaine, la peine aurait dû être automatiquement réduite. D'autre part, quand il fut question d'autres actes d'espionnages aux Etats-Unis pour le compte d'autres pays, les peines ne dépassèrent pas les dix ans de prison. Ajoutons que les informations qui furent transmises par Pollard, ne portaient absolument pas atteinte à la sécurité des Etats-Unis et que de plus, lorsqu'il est question de transmission de renseignements à un pays allié, il ne s'agit pas de trahison.
Cette affaire d'espionnage fit beaucoup de bruit en Israël et aux Etats-Unis, en particulier auprès des Juifs américains qui craignaient qu'elle ne déclenche une vague d'antisémitisme et que les accusations d'infidélité retombent sur la communauté juive tout entière.
En réaction au dévoilement de cette affaire, Israël déclara qu'il ne savait rien des activités de Pollard aux Etats-Unis, publia officiellement ses excuses et à la suite de négociations, Israël accepta de permettre aux Américains d'interroger les Israéliens qui avaient été mêlés à cette affaire.
En Israël, deux commissions d'enquête furent chargées d'étudier cette affaire. Selon leurs conclusions, les responsables gouvernementaux auraient dû reconsidérer la justification du Lakam.
Fin décembre 1985, Israël et les Etats-Unis annoncèrent officiellement que cette affaire était close. En 1990, Anne Pollard sortit de prison, divorça et s'installa en Israël.
Durant les premières années de son incarcération, le gouvernement d'Israël refusa d'agir officiellement pour sa libération. Dans les années 1990, la politique d'Israël à cet égard changea, grâce au combat continuellement mené par Pollard, sa famille et diverses personnalités publiques. Après plusieurs années passées dans le quartier réservé aux criminels déments et après des années de mauvais traitement, la pression internationale lui permit d'obtenir de meilleures conditions de détention.
En 1993, Pollard épousa Esther Zeith en prison. Elle devint l'une des plus importantes militantes en faveur de sa libération.
Il changea son nom en Jonathan et en janvier 1996, il reçut la citoyenneté israélienne. En 1998, le gouvernement d'Israël reconnut enfin que Pollard avait été un espion qui avait agi pour le compte de l'Etat d'Israël et depuis, de nombreux politiciens de passage aux Etats-Unis, ont rendu visite à Yonathan Pollard dans sa prison.. Parallèlement, plusieurs demandes d'amnistie ont été transmises à l'administration américaine, mais elles ont été repoussées. En février 2006, Pollard fit appel à la Cour suprême, mais le 8 juin, il fut rejeté.
Jonathan Pollard est détenu aux Etats-Unis depuis plus de 20 ans. Tant qu'il n'aura pas retrouvé la liberté, l'affaire Pollard continuera de peser sur la conscience de l'Etat Israël qui a pour principe de «ne jamais abandonner un soldat»


